Réflexions du Dr
Sur la tentative de changement d’appellation des Mutilations Génitales Féminines (MGF)
Par respect pour des millions de filles et femmes africaines qui payent de leur chair, arrêtons la danse des mots autour des Mutilations Génitales Féminines (MGF)
Avant de me lancer dans la discussion ou plutôt avant de livrer mon opinion, une question importante me taraude : Pourquoi, 24 après ans que l’Afrique ait officiellement déclaré son engagement à éliminer les Pratiques Traditionnelles Néfastes en général et les Mutilations Génitales Féminines (MGF) en particulier, par la création du Comité Inter-Africain pourquoi pendant que nous enregistrons des résultats inespérés avec l’aide de la communauté mondiale pourquoi chercher à orienter l’action sur le terrain de la bataille sémantique ?
Je ne le sais pas, mais je m’engage dans la bataille car ne rien faire, c’est au fait, laisser gagner ceux qui font quelque chose, que ce soit en bien ou en mal.
Nous constatons depuis quelques années le lancement à peine voilé d’une bataille sémantique dans la lutte pour l’élimination des Pratiques Traditionnelles Néfastes, à des fins inavouées et inexpliquées. Les exemples sont nombreux et en voici quelques uns :
Ne dites plus Lutter contre les MGF! Dites faire abandonner les MGF !
Ne dites plus élimination des MGF ! Dites abandonnement des MGF!
Ne dites plus sensibiliser ! Dites animer !
Ne dites plus général, total ou ensemble ! Dites holistique !
Et maintenant, ne dites plus Mutilations Génitales Féminines (MGF), dites FGC (Female Genital Cutting) ce qui signifie littéralement en français Mutilations Génitales Coupant. J’emploie ‘’coupant’’ parce que c’est la seule traduction possible que j’ai trouvée pour le terme anglais ‘’Cutting’’. Personne n’a jusqu’ici cherché à le traduire en français.
Je comprends parfaitement qu’après trois siècles d’esclavage et de traite des noirs, après des dizaines d’années de colonisation de l’Afrique, et dans un monde dit moderne, gravement entaché de stigmatisation, de sous-estimation et d’exclusion à l’encontre des africains, je comprends que certains mots aient leur pesant d’or surtout dans un domaine qui est socialement, historiquement, anthropologiquement et politiquement sensible : les Mutilations Génitales Féminines (MGF).
Je comprends que ‘’le politiquement correct’’ refasse surface dans le domaine de la lutte pour l’élimination des MGF pour des gens qui ont longtemps qualifié les africains de peuplades barbares.
Mais je comprends surtout que l’on doit mieux comprendre ce qui se joue autour des Mutilations Génitales Féminines (MGF).
Aujourd’hui, le débat se concentre sur le terme MUTILATIONS qui serait devenu après vingt deux ans de loyaux services, impropre à la consommation.
Je voudrais tout de suite rappeler une évidence : ce mot MUTILATIONS n’est ni swahili, ni lingala, ni mandingue, ni amharique, ni ouolof, ni peulh…il n’est pas africain, même si la pratique qu’il désigne l’est profondément.
Demandez aux communautés africaines comment appellent-elles cette pratique et vous entendrez ce qui suit :
· Au Mali, en Guinée, au Burkina Faso : Bolokoli (laver les mains) Nèguè korossi (faire asseoir sous le fer) Kodjigui (aller à la rivière)
· En Somalie : Gudniin Fircooni (enlever selon le Pharaon d’Egypte)
· Au Soudan : Khifad, Khitan Elbanat (purifier)
Chaque pays africain, voire chaque communauté africaine qui pratique les MGF a une appellation locale propre et significative.
Cela démontre clairement que les discussions sur le mot ‘’mutilations’’ sont des discussions d’amphithéâtre, d’universitaires, d’activistes déboussolés, d’anthropologues ombrageux, de politiciens indécis, d’intellectuels aux racines flottantes, qui se dispensent volontairement de savoir que l’immense majorité des communautés africaines pour lesquelles on veut choisir ‘’COUPANT/CUTTING’’ à la place de MUTILATIONS, ne savent ni lire ni écrire par la faute de qui ?
Par respect donc pour ces millions de femmes et de filles africaines auxquelles on enlève des organes précieux, il faut arrêter de dire que c’est pour ne pas heurter la sensibilité de la vieille exciseuse, de la vaillante paysanne ou du chef traditionnel africains, bref des communautés africaines, que le terme ‘’mutilations’’ doit être rejeté.
Je comprends aussi que certaines de nos braves sœurs africaines qui ploient sous le joug de la violence, de la discrimination et de l’exclusion à travers le monde, refusent de porter un label péjoratif supplémentaire : mutilées.
Mais nous devons regarder la réalité en face.
Souvenons-nous ! Certains de ceux qui se battent aujourd’hui pour faire danser les mots autour du malheur des filles et des femmes africaines, sont les mêmes qui nous contredisaient dans les conférences internationales en soutenant que nous n’avons pas le droit de dénoncer les Mutilations Génitales Féminines (MGF) car elles sont une partie de notre propre culture africaine.
Non seulement les africains ont continué à combattre ce fléau, mais ils se sont mieux organisés en créant le 6 février 1984 à Dakar, le Comité Inter-Africain sur les pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants qui regroupe aujourd’hui 28 pays africains et plusieurs affiliés à travers le monde. Mais les pièges sont nombreux dans ce combat. Le plus redoutable est le piège des mots et des concepts qui est un des plus efficaces moyens d’attraper les consciences.
Souvenons-nous à titre d’exemple : les programmes d’ajustement structurel. Durant plus de 20 ans, l’Afrique a reçu en pleine figure ce concept né de l’imagination de quelques afro-pessimistes, sous forme de panacée socio-économique. Des jeunes étudiants africains ont été fabriqués spécialement pour défendre ce concept des populations entières ont perdu leurs repères des milliers de travailleurs qui nourrissaient dignement leurs familles ont été jetées dans la rue des leaders nationalistes africains ont été discrédités ou simplement torpillés pour avoir douté de ce programme. Au bout du compte, plusieurs pays africains ont débrayé, rétrogradant dans un état pire qu’avant d’avoir avalé la pilule miracle. Et ceux qui ont conçu ce monstre de programme, libres de toute comptabilité vis-à-vis de leurs victimes, ont simplement annoncé sur les médias internationaux qu’il y a eu ERREUR Qu’en fait, il faut passer à autre chose :
Voilà des chauffeurs qui renversent leurs voitures, tuent des passagers et se dirigent sans état d’âme pour aller repasser leurs permis de conduire.
Les choses ne se dérouleront pas de cette façon dans le domaine de la lutte pour l’élimination des Mutilations Génitales Féminines (MGF).
C’est pourquoi j’ai commencé par fixer le contour en précisant que les discussions sur les termes MGF et FGC sont entre nous, c’est-à-dire entre ceux qui sont allés loin à l’école. Cette fois-ci, nous refuserons que les communautés africaines soient prises en otage sous le prétexte que c’est pour les défendre ou les respecter que l’on cherche à remplacer ‘’MUTILATIONS’’ par ‘’COUPANT’’. Tout comme les colons qui juraient qu’ils venaient pour ‘’CIVILISER l’Afrique et donc pour son bien’’.
Pour les générations africaines du 21ème siècle, ce disque n’est pas rayé, il est cassé.
En tant qu’africain qui a voué sa vie à la lutte contre les Pratiques Traditionnelles Néfastes en général et les Mutilations Génitales Féminines (MGF) en particulier, je me sens naturellement propulsé par le devoir et la responsabilité de défendre les acquis de l’Afrique dans ce domaine, comme me l’ont si justement demandé nos comités nationaux.
Nous voudrions balayer la confusion pour nous permettre d’avancer dans la noble et exaltante lutte contre les Mutilations Génitales Féminines (MGF), tout en saluant et en remerciant nos partenaires à travers le monde, qui collaborent avec nous tout en respectant nos choix.
Pour nous en Afrique, nous reconnaissons sans complexe, que la pratique qui consiste à mutiler les organes génitaux féminins à des fins culturelles et non thérapeutiques s’appelle MUTILATIONS GENITALES FEMININES. Tout euphémisme du genre FGC méprise la douleur et la violation des droits des filles et des femmes qui en sont victimes.
Sept raisons fondamentales président au choix de MGF contre FGC.
Première Raison : Dans l’
<<Vous n’avez pas besoin d’expliquer la nocivité des MGF par leurs conséquences, aux femmes qui l’ont subie; la pratique se suffit à elle-même pour être classée comme la chose la plus grave, juste devant mort je dis d’ailleurs cela parce que je ne connais pas aussi profondément la mort. >> Aurais-je le courage d’aller expliquer à cette dame que certains pensent qu’elle a été simplement coupée et non mutilée ?
1. Le premier consiste à l’excision du prépuce avec ou sans excision d’une partie du clitoris
2. Le deuxième est l’ablation du clitoris avec une partie ou la totalité des petites lèvres
3. Le troisième est l’ablation des organes génitaux externes (clitoris, petites et grandes lèvres) suivie de la suture des berges.
4. Le quatrième varie dans un ensemble d’actes divers: percer, cautériser, gratter les organes génitaux ou l’orifice anal introduire des substances corrosives et/ou des herbes et infusions dans les organes génitaux des filles et des femmes etc.
Troisième raison : Le Comité Inter-Africain composé de 28 pays africains où se pratiquent les MGF, qui est l’organisation pionnière en Afrique dans la lutte pour l’élimination des MGF, a fait deux importantes déclarations affirmant que le terme MUTILATIONS était celui qui décrivait mieux la pratique dans son envergure sanitaire, social et légale. Il est important pour tous ceux qui veulent aider les africains à se débarrasser de ce fléau, de respecter ce choix des victimes et des acteurs africains.
Quatrième Raison : La communauté internationale (Nations-Unies) dans
Le Protocole à la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux droits de la femme en Afrique conçu par l’Union Africaine et adopté le 11 juillet 2003 par l’ensemble des Chefs d’Etats africains, consacre le terme Mutilations Génitales Féminines (MGF).
Après avoir ainsi réussi à engager les dirigeants politiques africains et internationaux au plus haut niveau dans la lutte pour l’élimination des MGF, il serait gravissime de revenir les distraire avec un changement d’appellation à des fins inexpliquées et inavouées.
Cinquième Raison : En décembre 2005, le Comité Inter-Africain a réuni les leaders religieux (chrétiens et musulmans) provenant de ses 28 pays membres. Cet important symposium a été couronné par une déclaration qui condamne sévèrement les Mutilations Génitales Féminines (MGF) parce que les livres saints interdisent toutes formes de mutilations. Ils ont par la suite créé le réseau des leaders religieux africains contre les MGF et pour la défense des droits des femmes et des enfants.
Malgré ce grand succès, des fondamentalistes religieux minoritaires continuent de soutenir les MGF comme une prescription religieuse un de leurs arguments est qu’il est exagéré de dire que la pratique est une mutilation. Pour eux il s’agit de couper une petite partie de la femme pour la purifier sans intention de
Sixième Raison : Des intellectuels détracteurs de la lutte pour l’élimination des MGF, déclarent que c’est un mouvement venu des pays occidentaux et imposé à l’Afrique durant ces vingt dernières années de travail de sensibilisation et de plaidoyer, nous avons réussi à prouver que la protection de la vie et des droits des femmes et des filles africaines est un devoir endogène sacré pour tous les africains. C’est ce qui a aidé le Comité Inter-Africain à obtenir des résultats importants, mais fragiles.
Revenir auprès de nos populations avec une nouvelle appellation (FGC) fabriquée au Nord, c’est apporter de l’eau au moulin des tenants de la théorie des idées importées.
Septième Raison : Les ressources humaines, matérielles et financières qui seront utilisées pour cette nouvelle campagne médiatique et sémantique cherchant à remplacer MUTILATIONS par COUPANTE/CUTTING pourraient être investies dans la campagne de lutte pour sauver des milliers de jeunes filles africaines qui sont potentiellement des victimes.
Réviser les textes techniques, juridiques et politiques avec les conséquences graves qui en découleront, dans le simple but de remplacer MUTILATIONS par COUPANTE/CUTTING serait une tâche immense avec des résultats insignifiants, louches et compromettants.
En changeant d’appellation, nous ne devrions pas nous étonner que des textes légaux et juridiques deviennent caducs surtout lorsqu’ils seront manipulés par des avocats compétents dans la position de défendre des coupables de Mutilations Génitales Féminines (MGF).
Après avoir parlé brièvement de ces sept raisons, je dois insister sur le fait que si en anglais FGC = Female Genital Cutting, on ne sait pas encore ce que deviendra MGF en Français (coupante, coupure, coupeuse…) Il faudra des ressources humaines, de l’argent, des séminaires et des conférences pour trouver un mot pendant que les exciseuses continueront à exciser les filles.
Soyons vigilants et mobilisés car dans un avenir proche, des conditionnalités de financement de projets de lutte pour l’élimination des MGF seront établies par rapport à l’utilisation des termes MUTILATIONS et COUPANT/CUTTING. Ceux qui auront mis MUTILATIONS et non COUPANT/CUTTING dans leurs documents de projet seront privés de certains financements, même si ce manque à gagner exposera des milliers de filles aux Mutilations Génitales Féminines (MGF).
Dépensons notre énergie, nos connaissances et toutes nos ressources à sensibiliser nos communautés afin qu’elles mettent fin aux Mutilations Génitales Féminines (MGF) en toute connaissance de cause. Durant ce travail gigantesque, évitons de nous gaspiller à des distractions théoriques et métaphysiques.
Car il faut avoir le courage de poser l’équation FGC = FEMALE GENITAL CONFUSION
Thoughts of Dr. Morissanda KOUYATE, Director of Operations of the Inter African Committee (IAC)
On trying to change the appellation Female Genital Mutilation (FGMs)
Out of respect for the millions of girls and women in Africa suffering in their flesh, let us stop this dance with words around Female Genital Mutilation (FGMs)
Before I start this discussion, or rather give my point of view, I have one disturbing and important question: Why, 24 years after Africa has officially declared war on Harmful Traditional Practices in general and Female Genital Mutilation in particular by establishing the Inter African Committee, why after having achieved results beyond any expectations with the help of the international community, do we want to take the struggle to a semantics battle field?
I do not know why, but I commit myself to this battle because not doing anything would be giving victory to those who do take action, be it for good or bad.
These past few years, we have witnessed the launch of an unconcealed semantic battle in the struggle to eliminate Harmful Traditional Practices, to unexplained and hidden ends. Examples are numerous, including:
Stop saying “Fight FGMs”! Say “Give up FGMs”!
Stop saying “FGM Elimination”! Say “FGM Abandonment”!
Stop saying “Sensitize”! Say “Moderate”!
Stop saying “Comprehensive, Global or together”! Say “Holistic”!
And now, stop saying Female Genital Mutilation, say Female Genital Cutting (FGC) which in French is quite awkward according to my own translation, since no one has tried to translate it officially into French (Mutilations Génitales Coupantes, I would say, but does that actually mean anything?).
I perfectly understand that after nearly three centuries of slavery and slave trade, after decades of colonization in
I understand that the “politically correct” is re-emerging in the area of FGM elimination for people who for so long called the Africans barbaric peoples.
However, I also understand that we have to be aware of what is at stake with FGMs.
Nowadays, the debate is focused on the term MUTILATION which after 22 years of good and loyal services would have become unfit for consumption.
Allow me to state the obvious: this term is neither Swahili, nor Lingala, Mandingo, Amharic, Wolof, or even Peul…It is not African, though it names a practice that is deeply African.
Ask the African communities how they call this practice and this is what you will hear:
· In
· In
· In
Every African country or community practicing this has its own local and meaningful appellation.
This clearly shows that discussions around the term “mutilations” are those of academics, lost activists, somber anthropologists, undecided politicians and uprooted intellectuals who voluntarily choose to ignore the knowledge of the huge majority of African communities for which they want to choose “COUPANT/CUTTING” instead of MUTILATIONS. These communities cannot read or write, but who is to blame?
Therefore, out of respect for the millions of African girls and women who are being deprived of their precious organs, we should stop saying that in order not to hurt the sensitivity of the old women practicing female circumcision, of the brave peasant or traditional leader, in a nutshell of the African communities, the term “mutilations” should be dropped.
I also understand that some of our brave African sisters who bend under the weight of violence, discrimination and exclusion around the world, refuse to be labeled with an additional derogatory term: mutilated.
Nonetheless, we must stare reality in the face.
Let us not forget! Those now fighting for this dance of words around the plight of these African girls and women are the very people who used to oppose us during international conferences by saying that we did not have the right to expose Female Genital Mutilation because they were part of our own African culture.
Not only have Africans continued to fight this scourge, but they have become better organized by establishing, on February 6th 1984 in
Let us remember one example: the structural adjustment programmes. For more than 20 years,
These are drivers overturning cars, killing passengers and going back to get a new driver’s license without even an ounce of guilt.
That will not be in the elimination of FGMs.
Thus, I started by setting the background by stating that the debate on FGMs and FGC is between us, i.e. those who studied long. This time, we will not let African communities be taken hostage with the excuse of protecting or respecting them by using the term “CUTTING” instead of “MUTILATIONS”. Just like the colonizers who swore they came to “CIVILIZE”
For the 21st Century African generations, this ship has sailed and is long gone.
As an African who dedicated his life to the struggle against Harmful Traditional Practices in general and FGMs in particular, I feel naturally animated by my duty and responsibility to protect
We wish to dispel the confusion so that we can move forward in this noble and exalting struggle against Female Genital Mutilations, while commending and thanking our partners throughout the planet who have collaborated with us and respected our choices.
We, in
Seven core reasons to choose FGMs over FGC.
Reason #1: In the Encyclopedia Universalis, the term mutilation is defined as follows: partial or total amputation of a limb or organ; partial or total destruction, damage of an organ.
I did not find any term more suitable for FGM;
Better than the Encyclopedia, the girls and women who have undergone this practice can describe what they went through. A young woman from
“You do not need to explain the harmfulness of FGMs by their impact to women who have been through it, the practice speaks for itself and it is the worse thing, worse even than death; I say it because I do not know death as deeply”.
Would I have had the courage to explain to that woman that some believe she has not been mutilated, but merely cut?
Reason #2: the World Health Organization, which is commendable for its work in this area and is the specialized U.N agency for health, broke down FGMs into 4 categories:
1. The first is the excision of the prepuce, with or without the excision of part of the clitoris;
2. The second is the removal of the clitoris and part or all of the labia minora;
3. The third is the removal of the external genital organs (clitoris, labia minora and majora) followed by stitching of the sides.
4. The fourth is a variety of cutting, piercing, scratching the genital organs or anal cavity; inserting corrosive substances and/or herbs and infusions in the genital organs of girls or women, etc.
These four practices have but one objective: to destroy and damage female genital organs. Each type is a process that comprises various acts such as cutting and stitching and it is therefore irrational to sum a process by one of its components. That is what would be entailed in adopting FGC. Furthermore, in the fourth category, very often no cutting is involved. In this case, we could actually also adopt PGM (Piercing Genital Mutilation).
Reason #3: The Inter African Committee counts 28 African Member States where FGMs are practiced, it is the pioneering organization in
Reason #4: The International Community through the United Nations’ General Assembly Resolution A/RES/53/117 dated February 1st 1999, as well as all its other official documents, endorses the term “FEMALE GENITAL MUTILATIONS”.
The Protocol to the African Union’s African Charter on Human and People’s Rights on women’s rights in
After we have succeeded in involving
Reason #5: In December 2005, the Inter African Committee convened a meeting of religious leaders (Christians and Muslims) from the 28 Member States. This important symposium culminated in a declaration strongly condemning Female Genital Mutilation based on the fact that the Holy Scriptures forbid all forms of mutilation. Thereafter, they created a network of African religious leaders against FGMs and for the protection of the rights of women and children.
Despite this major success, minority religious fundamentalists continue to support FGM as a religious prescription; one of their arguments being that it is exaggerated to say that the practice is mutilation. To them, it is only about cutting a small part of the woman’s body to purify her, the intention not being to mutilate. This shows how the fundamentalist’s arguments meet those of the advocates of the FGC concept. On both sides, the term mutilation is considered an overstatement.
Reason #6: Some intellectuals who criticize the fight against FGMs say that the movement originated in the North and was imposed to
Coming back to our populations with a new appellation (FGC) manufactured by the North would be tantamount to giving munitions to this theory of an imported idea.
Reason #7: Human, financial and material resources that will be put into the new media and semantics campaign to replace MUTILATION by CUTTING could be invested into saving thousands of young African girls who are potential victims.
Reviewing the legal and political texts, with all the serious consequences that will ensue, just for the sake of substituting CUTTING for MUTILATION would be a tremendous undertaking with insignificant, doubtful and compromising outcomes.
If we change the name, we should not be surprised if the legal texts become null especially if they are altered by lawyers in a position to defend the perpetrators of Female Genital Mutilations.
After briefly raising these seven reasons, I must stress the fact that if in English FGC = Female Genital Cutting, we don’t know what will become of the French version MGF (cutting, cutter, cutteress…). Human resources, money, workshops and conferences will be necessary to come up with a word while the perpetrators will continue to excise girls.
Let us be cautious and mobilized, for in the near future conditionality for funding projects aimed at eliminating FGMs will be determined based on the use of the terms MUTILATION and CUTTING. Those who will use MUTILATION instead of CUTTING in their project documents will not have access to certain funds, even if this deficit is to expose thousands of young girls to Female Genital Mutilations.
Let’s use our energy, knowledge and all our resources to raise awareness within our communities so that they can put an end to Female Genital Mutilation in full knowledge of the facts. During this tremendous undertaking, we should avoid wasting our energy on theoretical and metaphysical discussions.
For we must be brave enough to put the equation FGC = FEMALE GENITAL CONFUSION
Dr
Je voudrais d’abord saluer l’Union Africaine pour l’adoption du Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme relatif aux droits des femmes ; cet important instrument juridique comble un déficit cruellement ressenti par les femmes et par toutes celles et tous ceux qui luttent pour aider les femmes africaines à conquérir tous leurs droits afin qu’elles remplissent tous leurs devoirs. Car ne l’oublions pas, nul ne peut convenablement accomplir ses devoirs si ses droits sont bafoués ou catégoriquement ignorés.
Il est curieux et intolérable de constater que d’importants instruments internationaux adoptés avec enthousiasme, disparaissent de la mémoire collective parce que tout simplement les États qui les ont adoptés, oublient volontairement de les ratifier. Nous devons donc tous, nous mobiliser pour éviter ce phénomène à l’acquis historique qu’est le protocole à la charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes.
En adoptant ce protocole, l’Union Africaine a pris une sérieuse avance dans la protection des femmes et la reconnaissance de leurs droits. Maintenant il faut traduire cette volonté politique en acte concret par sa ratification.
Le protocole traite de questions sensibles telles que les violences faites aux femmes en général et les Mutilations Génitales Féminines en particulier, les mariages précoces, le divorce, l’implication des femmes dans la prise de décisions sociopolitiques… toutes choses qui sont ancrées dans les tréfonds des sociétés africaines et auxquelles les gouvernants osent difficilement s’attaquer au plan national.
Ce protocole est un instrument social, politique, économique et juridique qui protège les femmes africaines et qui, à ce titre, supplante tous les discours politiques pathétiques en faveur des femmes. La ratification du protocole est une occasion pour les états membres de l’Union Africaine de prouver qu’ils veulent mettre en œuvre leur volonté politique de restituer aux femmes tous leurs droits. Ceux qui ne l’auront pas fait, ne convaincront personne par l’octroi de quelques postes ministériels à un nombre insignifiant de femmes.
Il ne sert à rien aussi de courir derrière les fruits de la croissance économique si la majorité de la population, c’est-à-dire les femmes, ne peuvent même en bénéficier parce qu’occupées à subir la discrimination et la violence ; d’ailleurs, est-il vraiment possible de créer la croissance socio-économique avec des femmes confrontées à ces fléaux ?
Ce protocole n’est pas un cadeau à offrir aux femmes, c’est leurs droits. Les états africains membres de l’Union Africaine doivent donc poursuivre leur volonté de restituer ces droits par la ratification et surtout par l’application effective de cet instrument.
Dans l’Afrique des guerres et de la pauvreté, il y a de la place pour les droits femmes ; je suis convaincu que les femmes jouissant de tous leurs droits joueront un rôle d’extincteur et de pacificateur de notre continent.
Des filles non mutilées, intègres, scolarisées et éduquées, mariées légalement à l’âge requis, indemnes de violences, épanouies, participant activement à la prise de décisions à tous les niveaux, voilà quelques résultats attendus de la mise en œuvre de ce protocole. Quel État ne le souhaiterait pas pour ses citoyennes ?
Ratifier et mettre en œuvre le protocole à la charte des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique est donc une priorité pour nos États et tous leurs citoyens. Que chacun s’y mette. Dr Morissanda KOUYATE
I would first like to congratulate the
So as not to forget, no one can fully discharge their duties if their rights are ridiculed or categorically ignored. It is bizarre and intolerable to note that important international instruments adopted with enthusiasm, vanish from collective memory simply because the States that had adopted them willfully forget to ratify them. We need therefore to mobilize ourselves to remove that phenomenon from the historical gain, which is the Protocol to the African Charter on Human and People’s Rights on the Rights of Women in Africa.
By adopting this Protocol the
The Protocol addressed several sensitive issues such as violence against women in general and Female Genital Mutilation (FGM) in particular, early marriages, divorce, involvement of women in decision making in the socio- political settings … all of which are deeply anchored in African societies and which governments are not trying enough to tackle in their national plans.
The Protocol is a social, political, economic and legal instrument which protects African women and which by its title supplants the pathetic political discussions for the benefit of women. The ratification of the Protocol is an opportunity for member states of the
It is also an exercise in futility to hide behind economic growth if the majority of the population, that is, women, cannot benefit from such growth due to the suffering occasioned by violence; if anything, is it really possible to have socio-economic growth if women are still faced with these curses? The Protocol is not a gift to offer to women, it is their right. The African states, members of the
In the Africa of wars and poverty, there is place for the rights of women. I am convinced that women who enjoy all their rights would play the role of peacekeepers and stop the wars in our continent. Uncircumcised girls that are integrated, schooled and educated, legitimately married at the right age, free from violence, empowered, participating fully in decision making at all levels: these are some of the results expected by the implementation of the Protocol. Which country would not want that for its citizens? To ratify and implement the Protocol to the African Charter on Human and People’s Rights on the Rights of Women in Africa is therefore a priority for our states and all their citizens. All should join in. Dr Morissanda KOUYATE